mercredi 12 août 2020

Dear You


J'avais l'habitude de passer te voir de temps en temps.

Faire la causette.

Mettre des (démi-)mots sur ce que je ressentais, ce que j'expérimentais.

Tu m'aidais un peu à faire cet effort de rangement.

Parce que l'étage du dessus, franchement, très souvent c'est un bazar abyssal.

Venir te voir impliquait donc ordonner un peu, structurer.

Tu m'aidais aussi à enrichir ma culture, parce que je ne voulais pas te raconter n'importe quoi

Discuter avec toi a toujours eu un effet cathartique.

 

Je me demande un peu à quel moment j'ai arrêté.

Les visites se sont faites de plus en plus rares, et les blancs de conversations plus fréquents.

 

Quel était l'élément déclencheur ?

Qu'est ce qui a changé ?

Un événement ponctuel, ou la résultante d'un processus insidieux arrivé inexorablement à son terme ?

 

Il y’a peu de chances que ce soit de ta faute, évidemment. 

J'aimerais revenir te voir, comme dans le temps.

Pour tout te dire, j'envisage même de te parler plus souvent.

 

Par contre, en ce qui concerne le bordel de l'étage du dessus, tu risques être moins épargné.

Après tout, tu m'as toujours demandé de te parler en toute honnêteté.

A la prochaine, donc.

 

Et, by the way, heureuses année et décennie 2020.

 

Heureuses ?

 

Remplies.

 


 

 

 

Aj


jeudi 2 juillet 2015

Innovation & Addiction




Douala,  2h56

Assis sur un canapé, un peu fatigué, grosse pluie dans cette ville aux allures (ou plutôt température) de sauna géant,  avec les aléas qui vont avec  (déni de service de mon modem wifi .... entre autre)
Temps adéquat pour dormir donc....ou pour penser, sinon les deux :-P,  et aujourd'hui me vient à l'esprit une question que je me suis souvent posée entre deux lignes de codes ;

Et si le résultat final faisait plus de mal que de bien aux personnes qui l'utiliseront ?

Et un engrenage entraînant un autre, j'ai réussi à m'interroger sur l'ensemble des bienfaits ou méfaits relatifs aux créations humaines..

Le grand vent de l'innovation . . .

Le feu, l’électricité, Internet, Google ......
Les montures, les calèches, les automobiles, les planeurs. ..
Le papier, L'écriture, le télégraphe,  fixe le phone, portable, la pomme ... le bonhomme .. épris de la pomme au point de lui p*sser dessus [?] ( arghh ... passons ).

De tout temps les innovations se sont succédées, et sont le principal carburant des changements qui surviennent dans le mode de vie des personnes qui y sont exposées. Mais ce changement,  est-il absolument pour le meilleur ? 
(à toute fin utile tout de même, vous noterez que j’ai soigneusement omis des innovations telles que la Kalach , la bombe A,  etc. qu'on sait déjà ultimement bénéfique à la non - humanité )


[Pause Dodo et .....]
12h39 ...

Où en étions-nous ? ... *Relecture* ....Ok.

Comme le titre l'indique un peu, nous nous attarderons sur la dépendance inhérente aux principes novateurs. On devient très vite dépendant des facilitateurs de vie. C'est un fait [-Si tu le dit ...-]. Et la dépendance c'est mal. [-Ah bon .? Oui ...C'est le mal. ... MAL-]
Mais d'où vient-elle ? Est-elle évitable ? Comment ? Qui est le Coupable ?

Pour essayer d'y voir plus clair (je parle de moi) commençons par l'innovation elle-même.
Pourquoi innove-t-on ?

Parce qu'on le Peut ?
Il y a généralement deux courants de pensées face à la relation Homme - Nature. Un qui préconise que l'on devrait laisser les choses telle quelle et essayer de s'adapter au mieux, et l'autre qui pense que cette adaptation passe par une extension de l'existant, la "création" de nouveaux outils et/ou principes, surtout parce que nous avons hérité d'une richesse neuronale qui nous le permet. Entre nous, j'ai un penchant pour le second principe, tout en sachant pertinemment qu'il existe un juste milieu entre les deux visions.


Parce qu'on en a Besoin et/ou Envie ?
Si l'Homme était un simple animal, ses besoins (et même envies) tournerait uniquement autour des actions suivantes : Respirer, Se nourrir, s'abreuver, s'accoupler, dormir, éliminer :-/ ....
Mais en plus de ça, il y a des besoins d'environnement stable, de connaissance, d'interactions sociales, d'estime, etc. (Maslow avait bien résumé la chose, je crois). Ces besoins et envies ont généralement un coût (effort, temps, argent, sang ?) et l'Homme dans son souci d'amélioration essaie donc de l'amoindrir.
On a besoin d'eau, et la rivière se trouve à 30 km.
Il faut y aller et puiser de l'eau.
C'est fatiguant.
 Et on le fait tous les jours.
C'est barbant.
Comment changer ça ?
 Comment l'eau arrive à cette rivière déjà ?
Bah, il y'a des ruisseaux qui l'alimentent.
Mais voilà !
 Pourquoi ne pas créer nos ruisseaux à nous ?
 On souffre de le faire une fois et après fini les 30km x 2 tous les jours !

*Ainsi naquit le premier projet de canaux d'irrigation..... Oui, ... j'étais là*

La plupart des innovations adressent les besoins et les envies [- Factorisons en => intérêt, je te prie -] des Hommes, et quand elles ne le font pas, elles sont des "méta-innovations" (Lire une innovation qui améliore une autre innovation qui adressait un intérêt humain.)

Parce qu'on le veut ? 
Manque de confiance en soi ? Besoin de reconnaissance ? Défi ? Envie de faire fortune ? Ennui ?
Il se peut dans bien des cas que l'impulsion innovatrice vienne tout simplement d'un désir personnel. Elle peut dans ce cas adresser un besoin/envie, ou pas (Mais pas de panique, le besoin ça se "crèe" aussi, dit le « marketist »). [Euh, et oui ... l'intelligence artificielle c'est bien, la conscience artificielle ça sert à rien .... de grâce, arrêtez ! .... Voilà, c'est dit.]

Peu importe dans quel segment on se trouve, l'innovation par d'un ou plusieurs Hommes à destination d'un [-hein?-] ou plusieurs Hommes, répondant généralement à un intérêt de ce deuxième groupe, à défaut de le susciter.
Et c'est de la que part la dépendance: l'intérêt.
Qu'il soit indispensable (besoin) ou non (envie), ce qui permet de satisfaire un intérêt devient très vite usuel, et selon les personnes l'usage peu devenir abusif, au point de créer une addiction.

Mais à qui la faute ?

En toute subjectivité, je discerne deux grands groupes de "produits" innovants. Les Utiles et les ..... Agréables [- Dis leur que l'intersection des deux ensembles n'est pas vide ... -]

Les produits utiles généralement adressent un besoin.
Vous avez besoin d'une information ... Bing! => Google ! (Sans vilain jeu de mots .... enfin, je crois ...:-/).
Vous voulez passer un appel (communiquer), Bang ! Vous dégainez votre smartphone!
A part adresser un besoin, les innovations utiles sont également caractérisées par le fait qu'elles font office de moyen et non de fin.
La dépendance qui s'en suit n'est qu'évidente, mais elle n'est pas absolue, vu qu'un substitut du  produit offrant les mêmes "moyens" (ou presque) que le précédent est généralement suffisant.

En ce qui concerne les produits Agréables, ils sont généralement portés sur les envies et ont une vocation de fin, plutôt que de moyen. Et qui dit fin dit "Reward System" pour notre cerveau, et c'est là que les ennuis commencent.
Égarons-nous un peu coté cerveau. L'exposition à l'addiction varie d'une personne à une autre, et n'est pas forcément, comme beaucoup le pense lié à l'attrait qu'à un individu par rapport à un produit particulier.
*Alors....Comment formuler la phrase qui suit ....*
  Que ce soit une activité ou un consommable, quand on est confronté à quelque chose qu'on aime (ou pas), le cerveau reçoit des stimulis particuliers via le système hédonique. Les addictions à certaines substances, objets ou pratiques ont donc un lien très étroit avec ce système.

[Un mois 3 jours plus tard....]

Yaoundé, 14h41 ...
*Relecture*

- Pose la patte
- Woff !
- C'est bien ! Bon chien ! *Passe une croquette*

Vous l'aurez deviné, ce principe est utilisé pour dresser les animaux, mais également par les experts en communication, en vue de mieux exploiter d'obtenir le meilleur des personnes qu'ils côtoient  (féliciter au lieu de réprimander, susciter l'esprit de compétition, engager l'aspect ludique, Etc.)
Seulement, dans les deux exemples précédents, la récompense est au bout de la chaîne, une finalité qui survient après effort, une récolte.
Imaginez maintenant qu'on oblitère la partie effort à fournir. Qu'on vous mette en face de la récompense directement. C'est bien dans ce cas que se range les produits, innovations mentionnés comme Agréables précédemment. (Evidemment, dans l'absolu il y a toujours un effort à fournir, aussi infime soit-il, il est juste amoindri à l'extrême dans ce cas de figure.) 
Il est évident que l'addiction est plus facile ici, la fin étant facile à atteindre, on l'atteint encore et encore, au point de ne plus être satisfait mais de continuer à rechercher cet état extatique. [-Façon de parler ,  n'est-ce pas ? :-/ -] 
Qu'est-ce qu'on pourrait citer dans cette catégorie  [-De grâce, pas de drogues et alcool -_- ... -] ? Les réseaux sociaux [-Joker .... Utile et agréable-]? Les innovations liées au plus vieux métier du monde ? Les aliments de plus en plus "fast" et pas sains (Omniprésence du sucre, OGM, Etc.) [-Rho, les vilains ! ... -_- -] ? Les plateformes de téléchargement gratuit ? 

(Oui à propos de ce dernier exemple, je ne m’étais pas rendu compte à quel point ça pouvait avoir un effet sur nos habitudes de consommation, jusqu'à ce que je lise un commentaire de Blog, qui parlait de la difficulté de se procurer de la bonne musique à l'époque de nos parents, et la vitesse à laquelle de nos jours une chanson passe de "trending" à has-been. ... Well, certainement tout un sujet à étudier paisiblement ...)

Pour résumer donc, généralement quand l'innovation est plus utile qu'agréable, elle est par essence moins encline à créer une dépendance chez le consommateur, sous réserve que ce dernier est un moyen de contour en cas de non disponibilité du produit initial. Par contre pour le second groupe, l'appel à l'addiction est presque implicite, et à un niveau (de préférence en amont), il faut fixer des quotas à ne pas dépasser pour garder un certain équilibre.

Comment simplifier la vie sans rendre dépendant ?

C'était préalablement le titre prévu pour cet article. Mais en y repensant, ça présupposait que l'innovateur est le seul responsable de la dépendance lié à son produit. Je crois que la garde de cette responsabilité est partagée.
Le concepteur a quelque part un devoir de recul face à son œuvre. Ce moment où on se défait de la parure de l'artiste et qu'on revêt  celle d'un observateur, un observateur outrageusement profane, un gamin de 6 ans, ou si l'occasion s'y prête, le plus vicieux des testeurs. Normalement des interrogations intéressantes peuvent sortir de cet essai de regard nouveau, et les réponses à ces dernières doivent être partagées [-Hey ! Dans la mesure du possible hein ! -]    avec les utilisateurs finaux. 
(Inutile de préciser qu'il est parfois mieux que cette observation et remise en question viennent d'autres personnes, allégoriquement le concepteur désigne en quelque sorte toute une chaîne de production)

Quant aux consommateurs, éviter la dépendance (et surtout ses revers) tient en deux points : 
Plan de survie après "sinistre" (sauvegarde, lampe à pétrole, tout ça, tout ça....), 
quota de consommation.

Dans un monde idéal, les recommandations du concepteur résultant de sa phase d'observation aurait suffi à induire une utilisation efficiente de son produit (tant en terme d'abondance que de déficit), mais au final, c'est les précautions de l'utilisateur qui définissent en général à quel point il est attaché au produit.

Pas toujours évident de faire ses devoirs, qu'on soit d'un côté ou de l'autre.
Les comportements addictifs ont encore de beaux jours devant eux. A moins que .......




[.Aj.]





Crédit Images:

Sniffeur d'applis [ moodds.com ]